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Économie : le Sénégal face au défi du ralentissement de la croissance en 2026

Après une croissance de 6,7 % en 2025 portée par les hydrocarbures, le Sénégal table sur 2,5 % en 2026. Le défi est désormais de construire une croissance plus diversifiée et durable
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DAKAR — L’économie sénégalaise change de rythme. Après une croissance de 6,7 % en 2025, portée notamment par le démarrage et la montée en puissance de la production d’hydrocarbures, les perspectives pour 2026 sont nettement moins favorables. Le ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération table désormais sur une croissance de 2,5 %. (Ministère de l’Économie)

Cette forte baisse ne signifie pas pour autant un recul de l’activité économique. Elle traduit surtout la fin de l’effet exceptionnel enregistré en 2025 avec la contribution importante du pétrole et du gaz. Le gouvernement devra désormais démontrer que l’économie nationale peut maintenir une dynamique de croissance au-delà des seules performances du secteur extractif. (Ministère de l’Économie)

Les hydrocarbures ne suffisent plus

En 2025, la production d’hydrocarbures a largement contribué à l’accélération de l’économie sénégalaise. La croissance est passée de 6,5 % en 2024 à 6,7 % en 2025, principalement grâce aux activités extractives liées au pétrole et au gaz. (Ministère de l’Économie)

Mais cette performance exceptionnelle ne devrait pas se reproduire au même niveau en 2026. La baisse attendue de la contribution des hydrocarbures pèse directement sur les prévisions de croissance.

Le véritable défi pour le Sénégal est donc désormais de développer des moteurs de croissance capables de prendre le relais.

Le secteur privé attendu au tournant

L’activité économique hors hydrocarbures et agriculture devrait progresser de seulement 3 % en 2026, un niveau inférieur aux 5,5 % initialement prévus dans la Loi de finances initiale. Cette situation met en évidence les difficultés persistantes de certains secteurs productifs. (Ministère de l’Économie)

Agriculture, industrie, commerce, services et PME seront ainsi appelés à jouer un rôle beaucoup plus important dans la transformation économique du pays.

Pour les entreprises sénégalaises, l’enjeu sera notamment d’accéder davantage au financement, d’investir dans la production et de gagner en compétitivité.

Le redressement des finances publiques se poursuit

Cette nouvelle trajectoire économique intervient également dans un contexte de consolidation budgétaire. Le déficit public est projeté à 5,4 % du PIB en 2026, selon les perspectives publiées par le ministère de l’Économie. (Ministère de l’Économie)

Le gouvernement entend parallèlement poursuivre la mise en œuvre du Programme de redressement économique et social (PRES), avec notamment de nouvelles mesures fiscales destinées à renforcer les recettes et à financer des investissements productifs.

Cette politique de redressement devra toutefois trouver un équilibre entre la nécessité de restaurer les finances publiques et celle de soutenir l’activité économique.

Le pouvoir d’achat reste la principale préoccupation

Derrière les chiffres de croissance se trouve une question essentielle : quels effets pour les Sénégalais ?

Pour les ménages, la performance économique doit se traduire par davantage d’emplois, des revenus plus stables et une amélioration du pouvoir d’achat. Pour les jeunes, particulièrement nombreux sur le marché du travail, la création d’opportunités économiques demeure un enjeu majeur.

Le Sénégal dispose désormais de nouvelles ressources grâce au pétrole et au gaz. Mais la véritable réussite économique se mesurera à la capacité du pays à transformer ces ressources en investissements durables, en emplois et en développement pour les populations.

 

Assane Diop

 

 

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La Rédaction