Brut de Sangomar : la SAR affiche un rendement de 50 % au raffinage
Le brut extrait du champ de Sangomar peut être traité par la Société africaine de raffinage (SAR), mais son rendement actuel reste un défi majeur. Selon Mohamed Seck, une expérience menée par la raffinerie sénégalaise a permis d’établir un rendement d’environ 50 %, en raison notamment de la forte proportion de fioul contenue dans ce brut.
Un brut techniquement traitable, mais avec un rendement limité
La question du raffinage du brut de Sangomar constitue aujourd’hui un enjeu important pour le Sénégal, qui cherche à mieux valoriser sa production pétrolière nationale.
Sur le plan technique, des essais réalisés par la SAR ont confirmé que les installations actuelles sont capables de traiter le brut provenant de Sangomar. Toutefois, la principale difficulté réside dans le niveau de rendement obtenu après transformation.
« Quand on parle de brut, on parle de rendement », a expliqué Mohamed Seck, soulignant l’importance de la qualité du brut et de son adéquation avec les capacités industrielles existantes.
Selon lui, lors d’une expérience menée par la SAR, le traitement du brut de Sangomar aurait généré un rendement d’environ 50 %. Une performance qui s’expliquerait notamment par la composition du brut, particulièrement riche en fioul.
Cette caractéristique réduit pour le moment l’intérêt économique d’un raffinage massif du brut national dans les installations actuelles.
Importer des produits finis reste, pour l’instant, plus avantageux
Malgré la volonté de renforcer la souveraineté énergétique du Sénégal, le traitement du brut de Sangomar à la SAR ne serait donc pas encore l’option la plus rentable dans les conditions actuelles.
« Jusqu’au moment où je vous parle, il est plus intéressant pour le Sénégal, pour la SAR, d’importer des produits finis que de traiter ce brut de Sangomar », a soutenu Mohamed Seck.
Cette situation met en évidence le défi auquel le Sénégal est confronté : disposer de ressources pétrolières nationales ne signifie pas automatiquement que leur transformation locale est immédiatement plus avantageuse sur le plan économique.
Pour autant, le raffinage du brut sénégalais conserve une importance stratégique.
Pour le deuxième vice-président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), la capacité à traiter localement le pétrole produit au Sénégal constitue avant tout une garantie pour le pays.
« C’est une garantie, une sécurité de traiter le brut », a-t-il insisté.
Une capacité nationale de raffinage plus importante permettrait notamment au Sénégal de réduire sa vulnérabilité face aux perturbations des marchés internationaux et aux éventuelles difficultés d’approvisionnement en produits pétroliers.
Vers une deuxième raffinerie
L’un des principaux leviers pour relever ce défi réside dans le projet de transformation et d’extension de la SAR, avec notamment l’augmentation significative des capacités de raffinage.
Selon Mohamed Seck, les capacités devraient passer de 1,5 million de tonnes à 5,5 millions de tonnes par an, soit une hausse d’environ quatre millions de tonnes.
Cette évolution doit permettre non seulement d’accroître les volumes raffinés, mais également d’améliorer l’adaptation des installations aux caractéristiques du brut produit au Sénégal.
Un enjeu de souveraineté énergétique
L’augmentation des capacités apparaît d’autant plus importante que les besoins du marché sénégalais dépassent actuellement les capacités nationales de raffinage.
Mohamed Seck estime ainsi que la consommation du Sénégal se situe autour de 3 millions de tonnes de produits pétroliers par an, contre une capacité actuelle de raffinage d’environ 1,5 million de tonnes.
L’écart entre la consommation nationale et la capacité de production locale oblige donc le pays à continuer de recourir aux importations de produits raffinés.
La future augmentation des capacités de la SAR pourrait ainsi contribuer à réduire cette dépendance, tout en renforçant la valorisation locale des ressources pétrolières.
Un saut technologique attendu
Au-delà de la question des volumes, la transformation de la SAR doit également permettre au Sénégal de franchir un nouveau cap sur le plan technologique.
« On va augmenter les capacités de raffinage, mais aussi on va se mettre à niveau en termes de technicité », a déclaré Mohamed Seck.
L’objectif est donc double : raffiner davantage et disposer d’installations mieux adaptées aux exigences du pétrole sénégalais.
Pour le Sénégal, le défi consiste désormais à transformer la production de Sangomar en véritable levier de souveraineté énergétique, en développant progressivement les capacités nationales de raffinage et en réduisant la dépendance aux produits pétroliers importés.


More Stories
Dossiers fonciers et lotissements illégaux : Ousmane Sonko hausse le ton et dénonce des « lobbies »
Préqualifications JO 2028 : les Lionnes du Sénégal face au Canada pour lancer leur campagne
Équipe nationale : Patrick Vieira se rapproche du banc des Lions, la FSF accélère