L'essentiel de l'information

DAKAR, SAINT-LOUIS, KAOLACK PARALYSÉS : PLUS DE 10 JOURS DE GALÈRE POUR LES USAGERS

Pendant plus de 10 jours, la grève des transporteurs routiers a paralysé plusieurs grandes villes du Sénégal, plongeant les usagers dans une galère sans précédent et révélant les profondes tensions qui secouent le secteur du transport.
Views: 2573
Read Time:1 Minute, 41 Second

La grève des transporteurs routiers, lancée le 30 mars, a vidé les gares et mis à nu les tensions d’un secteur à bout de souffle

 

Pendant plus de 10 jours, le Sénégal a tourné au ralenti. Dès le lundi 30 mars 2026, quatorze syndicats de transporteurs, réunis au sein de la Fédération des syndicats des transports routiers du Sénégal, ont lancé une grève largement suivie dans les grandes villes du pays.

 

À Dakar, le constat était saisissant : une circulation inhabituellement fluide sur les grands axes, en raison de l’absence des cars rapides et des minibus « Ndiaga Ndiaye ». La gare routière des Baux Maraîchers, à Pikine, est restée déserte, avec des véhicules à l’arrêt. Les usagers se massaient aux points stratégiques comme la Patte d’Oie ou Colobane, dans l’espoir d’embarquer dans un bus AFTU ou Dem Dikk, rapidement pris d’assaut.

 

À Kaolack, le mot d’ordre a été suivi à la lettre dans les cinq garages de taxis de la commune. En l’absence de taxis et de minibus, les habitants se sont rabattus sur les charrettes et les motos-taxis « Jakarta », dont les tarifs ont aussitôt flambé.

Même scénario à Saint-Louis, où la paralysie du transport a fortement perturbé les activités économiques et sociales.

À l’origine du mouvement : le refus des autorités de reconnaître une entité syndicale créée le 16 février 2026, perçu comme une tentative de fragiliser l’organisation des transporteurs. Les grévistes dénoncent également le « harcèlement » et la « corruption » sur les routes, tout en exigeant le respect des engagements relatifs à la réduction des points de contrôle.

Autres sources de tension : la prolifération des transports illégaux, les tracasseries policières et les rackets. À Kaolack, les chauffeurs de taxis dénoncent aussi le blocage de leurs licences depuis cinq ans, les contraignant à circuler avec de simples attestations limitées au périmètre urbain.

Initialement prévu jusqu’au 1er avril, le mouvement a été prolongé, puis transformé en grève illimitée le 6 avril, avant d’être levé le vendredi 10 avril, à l’issue d’une rencontre avec le ministre des Transports à Diamniadio. Pour atténuer les effets de la crise, l’État a mobilisé les bus AFTU, Dem Dikk ainsi que le BRT, avec des horaires étendus jusqu’à 22 heures.

Les syndicalistes préviennent : en l’absence de solutions concrètes, le mouvement pourrait reprendre à tout moment. Cette grève met en lumière un malaise profond dans un secteur vital, où, une fois de plus, « les populations paient le prix fort ».

 

Assane DIOP

À propos de l’auteur de l’article

La Rédaction