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Crise politique en Afrique de l’Ouest et du Centre : un collectif de la société civile alerte sur la répression et les menaces régionales

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Un collectif d’organisations de la société civile alerte sur la dégradation de la situation politique au Tchad et sur les risques d’instabilité en Afrique de l’Ouest et du Centre, avec des conséquences sécuritaires et humanitaires pour toute la région.
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Un collectif de la société civile regroupant Africajom Center, Amnesty International Sénégal, Caddhu, le Forum Social Sénégalais, Presseafrik et la RADDHO a tenu un point de presse afin d’alerter l’opinion publique sur la dégradation de la situation politique au Tchad ainsi que sur les risques de propagation des crises dans la région.

Selon le collectif, le Tchad traverse une période marquée par une forte centralisation du pouvoir, accompagnée d’une répression accrue visant l’opposition politique, les défenseurs des droits humains et les médias.

Les intervenants ont dénoncé les transitions politiques successives qui, selon eux, ont permis au régime de Mahamat Idriss Déby de renforcer son emprise sur les institutions du pays.

Cette dérive autoritaire se traduit, d’après le collectif, par des poursuites judiciaires, des pressions et diverses formes d’intimidation poussant plusieurs militants et défenseurs des droits humains à l’exil ou au silence. Les intervenants ont également indiqué que la liberté de la presse se dégrade progressivement dans le pays.

Le collectif rappelle par ailleurs que le Tchad est confronté à d’importants défis humanitaires et sécuritaires, aggravés par la crise au Soudan voisin, rendant la situation encore plus préoccupante pour les populations civiles.

« La combinaison d’une forte répression politique et de crises humanitaires et sécuritaires crée un cocktail dangereux pour la stabilité du pays », a déclaré un membre du collectif.

Les organisations présentes ont également élargi leur analyse à d’autres pays de la région. Elles ont notamment évoqué la gravité de la crise au Mali, pays frère et voisin du Sénégal, qui traverse une profonde crise politique susceptible d’avoir des répercussions sur les États voisins.

Le collectif appelle à une analyse sérieuse et concertée de cette situation géopolitique afin d’anticiper et d’atténuer ses conséquences régionales.

La Guinée-Bissau a également été évoquée. Selon le collectif, le pays fait face à une situation politique préoccupante. Les organisations dénoncent des atteintes aux libertés publiques, des intimidations et des pressions exercées contre des acteurs de la société civile et des opposants politiques.

Les organisations ayant dénoncé ces abus feraient également face à des menaces et des intimidations. Plusieurs militants et opposants auraient été contraints à l’exil afin de préserver leur sécurité.

Le collectif met en garde contre les conséquences régionales de ces crises, notamment pour la stabilité en Casamance et dans d’autres zones frontalières.

« L’instabilité politique dans plusieurs États d’Afrique de l’Ouest et du Centre, associée aux crises sécuritaires au Sahel, menace la paix et la sécurité de l’ensemble de la région », a déclaré un porte-parole.

Face à cette situation, les organisations signataires appellent la communauté internationale, les institutions régionales ainsi que les gouvernements africains à agir de manière coordonnée pour :

  • protéger les défenseurs des droits humains et les journalistes ;
  • exiger la libération des détenus politiques et le respect des droits fondamentaux ;
  • soutenir des processus politiques transparents et inclusifs afin de restaurer la stabilité ;
  • fournir une assistance humanitaire et sécuritaire ciblée aux populations vulnérables.

Le collectif a annoncé la poursuite de ses actions de sensibilisation et la mise en œuvre prochaine d’initiatives destinées à mobiliser la société civile nationale et internationale autour de ces enjeux.

Par Adja Djite

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La Rédaction