Dakar – Face à l’ampleur de la crise humanitaire en Palestine et aux enjeux géopolitiques du conflit israélo-palestinien, le Réseau des journalistes pour l’information religieuse (REJIR), en partenariat avec le Forum International Palestinien pour les Médias et la Communication basé en Turquie, organise un atelier de renforcement des capacités les 18 et 19 juillet. L’objectif est de doter les professionnels de l’information des outils nécessaires à une couverture éthique, équilibrée et résistante à la manipulation.
Selon Mouhamet Barro, fondateur du REJIR et président du comité Sénégal-Palestine, cette initiative vise à contrer le désengagement médiatique observé dans les pays africains, notamment au Sénégal, où moins de 1 % de l’information traite de la Palestine. Nos journalistes doivent avoir une culture professionnelle et idéologique solide pour éviter les biais et faire face aux récits dominants qui minimisent l’histoire palestinienne, a-t-il insisté.
Former pour mieux informer
La première journée de l’atelier est consacrée à la formation des formateurs. Ces derniers seront appelés à transmettre les connaissances acquises, dans une logique de démultiplication. Le but est clair : fournir aux journalistes des outils d’analyse critique, un cadre déontologique solide et une compréhension historique profonde du conflit, en remontant jusqu’à la Nakba de 1948, trop souvent occultée au profit d’une lecture événementielle centrée sur le 7 octobre 2023.
Il ne suffit pas d’avoir un diplôme. Il faut une formation continue pour résister aux mécanismes de désinformation, notamment ceux orchestrés par les grandes plateformes et médias internationaux, précise M. Barro. Il souligne également la dimension idéologique présente dans les outils numériques eux-mêmes, dominés par des acteurs aux intérêts biaisés.
Le Sénégal, un soutien constant à la Palestine
Le rôle du Sénégal dans cette dynamique n’est pas nouveau. Depuis 1975, le pays préside le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, et continue de plaider pour une paix juste au Moyen-Orient. Cet atelier s’inscrit donc dans une tradition diplomatique de solidarité avec le peuple palestinien.
Lutter contre la désinformation et les fake news
Des experts comme Daouda Mine, Ballé Preira, et le président d’Amnesty International/Sénégal ont enrichi les échanges en abordant les enjeux liés aux fake news, aux droits humains bafoués, et à la nécessité de recouper les sources dans un contexte marqué par la propagande. Les participants, issus du monde des médias et de la communication, ont unanimement salué la pertinence de ces interventions.
Une responsabilité narrative essentielle
Au-delà de la simple transmission d’informations, cet atelier rappelle que le journaliste porte une responsabilité narrative : celle de restituer une réalité complexe avec rigueur, humanité et honnêteté intellectuelle. Dans le contexte du conflit israélo-palestinien, où les mots peuvent devenir des armes, la vigilance et l’éthique sont plus que jamais de mise.
seydou Diallo


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