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Turquie : Ankara ferme ses ports et son espace aérien aux navires et avions israéliens.

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La Turquie a franchi un nouveau cap dans sa confrontation diplomatique et économique avec Israël. Vendredi 29 août, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a confirmé devant le Parlement qu’Ankara avait « complètement » mis fin à ses relations économiques avec l’État hébreu et qu’elle appliquait désormais un embargo strict sur son territoire maritime et aérien.

 

Ports et espace aérien fermés

« En matière de sanctions contre Israël, aucun pays au monde n’est allé aussi loin que la Turquie. Nous avons complètement cessé tout commerce avec Israël. Nous avons fermé nos ports aux navires israéliens. Nous n’autorisons pas les navires turcs à se rendre dans les ports israéliens », a martelé Hakan Fidan.

Selon ses précisions, les navires détenus, gérés ou exploités par une société israélienne, à l’image du géant du transport maritime ZIM, ne pourront plus accoster dans les ports turcs.

 

L’espace aérien turc est également interdit aux avions militaires et officiels israéliens. Cette mesure, déjà appliquée de façon ponctuelle depuis fin 2023, a été renforcée : en novembre 2024 et en mai dernier, les appareils transportant le président israélien Isaac Herzog et le Premier ministre Benyamin Netanyahu s’étaient déjà vu refuser le survol de la Turquie.

 

Pression interne et rappel du soutien aux Palestiniens

Face aux critiques de l’opposition qui l’accuse de tolérer des échanges commerciaux indirects avec Israël, le chef de la diplomatie turque a tenu à clarifier la position de son gouvernement. Il a rappelé que la rupture avait été décidée dès mai 2024, mais que des entreprises tentaient de contourner les restrictions en faisant transiter leurs produits via des pays tiers ou sous couvert de destinations palestiniennes.

« Nous renforçons désormais les contrôles afin que l’embargo soit appliqué sans faille », a-t-il insisté.

 

Ankara, allié affiché de Gaza

Depuis le déclenchement de l’offensive israélienne contre la bande de Gaza en octobre 2023, la Turquie se pose en ardent défenseur des Palestiniens. Le président Recep Tayyip Erdoğan a multiplié les critiques contre l’État hébreu, dénonçant ce qu’il qualifie de « crimes de guerre ».

Cette fermeté alimente la stature d’Ankara sur la scène internationale, mais nourrit aussi un débat interne. Pour une partie de l’opinion publique et de l’opposition, les mesures restaient jusqu’ici trop limitées ou contournées.

 

Avec ce verrouillage maritime et aérien, la Turquie entend démontrer qu’elle passe des paroles aux actes.

 

Seydou Diallo

 

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La Rédaction