En Syrie, les relations déjà fragiles entre les autorités kurdes du nord-est du pays et le régime de Damas connaissent un nouvel épisode de tension. Les deux camps s’accusent mutuellement de manquements graves concernant la gestion et le sort des prisonniers liés au groupe État islamique (EI).
Les autorités kurdes, qui contrôlent plusieurs camps et centres de détention abritant des milliers d’anciens combattants de l’EI ainsi que leurs familles, reprochent au pouvoir central syrien son manque de coopération. Selon elles, Damas refuserait d’assumer ses responsabilités dans la prise en charge de ces détenus, laissant aux forces kurdes une lourde charge sécuritaire et humanitaire.
De son côté, le régime syrien accuse les forces kurdes de détenir illégalement des prisonniers syriens et étrangers, dénonçant des conditions de détention opaques et un refus de les transférer sous l’autorité de l’État. Damas estime également que cette situation constitue une menace persistante pour la stabilité du pays, en raison des risques d’évasion et de résurgence de cellules jihadistes.
Un dossier explosif aux enjeux sécuritaires majeurs
La question des prisonniers liés à l’EI demeure l’un des dossiers les plus sensibles du conflit syrien. Les camps, surpeuplés et sous-financés, sont régulièrement pointés du doigt par la communauté internationale, qui craint une radicalisation continue et une déstabilisation régionale.
Faute de solution politique globale et de consensus entre les différents acteurs, ce bras de fer entre les Kurdes et Damas illustre les profondes divisions qui persistent en Syrie, plusieurs années après la chute territoriale de l’organisation État islamique.
rfi


More Stories
Face au risque d’une escalade militaire entre Washington et Téhéran, la Turquie se pose en médiateur
Iran : la police donne trois jours aux participants aux « émeutes » pour se rendre
Syrie : violents affrontements à Alep entre forces kurdes et troupes gouvernementales