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Royaume-Uni : le groupe Palestine Action en passe d’être interdit et classé « terroriste »

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Londres, le 23 juin 2025 –

Le gouvernement britannique a annoncé sa décision d’interdire officiellement le groupe militant Palestine Action, en le plaçant dans la même catégorie juridique que des organisations qualifiées de « terroristes » telles qu’al-Qaïda ou l’État islamique. Cette mesure, qui devrait entrer en vigueur après l’aval du Parlement, suscite une vague de protestations à travers le pays, notamment dans les milieux pro-palestiniens et les défenseursp des droits humains.

 

Une action radicale sur fond de soutien à la cause palestinienne

Le groupe Palestine Action s’est fait connaître ces dernières années par ses actions directes contre les sites d’entreprises britanniques liées à l’industrie de l’armement, notamment Elbit Systems, un fabricant israélien d’armement ayant plusieurs installations au Royaume-Uni. L’organisation accuse le gouvernement britannique de complicité dans la guerre menée par Israël à Gaza, en permettant la fabrication et l’exportation d’armes utilisées contre les civils palestiniens.

 

Le vendredi 20 juin 2025, des militants du groupe ont pénétré illégalement dans une base aérienne de l’armée britannique. Ils ont lancé de la peinture rouge sur plusieurs avions de chasse, symbolisant le sang des victimes palestiniennes. L’opération, revendiquée comme un « acte de désobéissance civile contre la machine de guerre sioniste », aurait causé plus de 25 millions d’euros de dégâts matériels, selon les autorités.

 

Vers une interdiction totale : une décision controversée

En réponse, le ministre de l’Intérieur, James Cartwright, a soumis au Parlement une motion pour classer Palestine Action comme une organisation terroriste au titre de la loi sur le terrorisme de 2000, une mesure qui rendrait l’adhésion, le soutien ou la promotion du groupe passibles de peines pénales.

 

> « Il ne s’agit pas ici de liberté d’expression, mais d’une menace directe contre la sécurité nationale et les infrastructures de défense du Royaume-Uni », a déclaré le ministre devant la Chambre des Communes.

 

Cette décision a immédiatement déclenché une vive polémique dans l’opinion publique et les milieux militants. Plusieurs associations dénoncent une répression politique déguisée, visant à faire taire une voix radicale mais non violente de la solidarité avec la Palestine.

 

Manifestations à Londres et appels à la désobéissance

En réaction, des centaines de manifestants se sont rassemblés dans les rues de Londres le même jour, brandissant des pancartes telles que « Résister n’est pas un crime » ou « Soutenir la Palestine ne fait pas de nous des terroristes ». Les manifestants estiment que l’interdiction vise à criminaliser l’activisme politique et à dissuader toute opposition publique à la politique britannique vis-à-vis d’Israël.

 

Des personnalités politiques de l’opposition, comme le député travailliste Jeremy Thomas, ont exprimé leur inquiétude :

 

> « En qualifiant de terroristes ceux qui dénoncent la collaboration militaire avec Israël, le gouvernement franchit une ligne rouge très inquiétante pour la démocratie. »

 

Un climat politique de plus en plus tendu

Cette décision intervient dans un contexte international tendu, alors que les opérations militaires israéliennes à Gaza suscitent une vague de contestation à travers l’Europe. Le Royaume-Uni est de plus en plus critiqué pour sa coopération militaire étroite avec Tel Aviv, malgré les rapports alarmants des ONG sur les violations des droits humains.

 

Le cas de Palestine Action relance donc un débat crucial sur les limites de la protestation politique, la définition du terrorisme, et la liberté d’expression dans les démocraties occidentales.

 

Seydou Diallo

 

 

 

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La Rédaction