L’ancien président de la République, Macky Sall, revient au-devant de la scène à travers son nouvel ouvrage L’Afrique au cœur, où il consacre plusieurs pages à défendre son action à la tête du Sénégal et à critiquer la gouvernance de son successeur. À la page 68, l’ex-chef de l’État ne cache pas son indignation :
« Je ne peux qu’être indigné lorsque le nouveau pouvoir prend comme prétexte la reddition des comptes et utilise la Cour de justice pour incriminer des ministres et les emprisonner sur la base de l’audit de la Cour des comptes que j’avais moi-même ordonné. On frise la vendetta, alors que nulle part dans ce même rapport aucun des ministres accusés et mis en prison n’est cité », écrit-il.
Une charge contre la gestion de la dette
Macky Sall dénonce également ce qu’il considère comme une manipulation des chiffres par l’actuel gouvernement :
« Il en est de même des accusations de falsification des chiffres de la dette publique. Le nouveau gouvernement n’a pas hésité à changer les méthodes et bases de calcul pour les formuler. Au moyen d’un artifice comptable, il a ainsi ajouté toute la dette publique, ce qui est proprement inacceptable. »
L’ancien président précise que la dette publique concerne principalement l’État à travers le Trésor, et non pas les sociétés nationales comme la Senelec ou Air Sénégal, qui disposent de leurs propres actifs et passifs.
Défense acharnée du bilan
Dans son livre, Macky Sall défend bec et ongle son bilan économique et social. Il cite les avancées réalisées dans l’agriculture, la pêche, l’élevage, l’énergie, l’hydraulique, l’éducation, la santé — notamment la couverture maladie universelle et la gestion de la pandémie de Covid-19 — ainsi que dans le domaine des infrastructures.Il avertit par ailleurs ses successeurs sur les conséquences de l’arrêt brutal de certaines réformes de long terme :
« Quand il s’agit de réformes structurelles qui entendent projeter le pays dans vingt ou trente ans, les arrêter d’un coup est fatal et condamne le pays, au mieux, à faire du surplace, au pire à la relégation. »
Un hommage à Abdoulaye Wade
Dans un rare geste d’ouverture, Macky Sall tient à reconnaître les acquis de son prédécesseur :
« Abdoulaye Wade avait déjà amorcé la modernisation du pays avec, par exemple, la construction de l’autoroute qui relie aujourd’hui Dakar à Diamniadio. Il avait lui aussi l’ambition de faire du Sénégal un pays moderne.
Avec ce nouvel ouvrage, Macky Sall entend donc réhabiliter son action, dénoncer ce qu’il qualifie de “vendetta politique” et inscrire son héritage dans l’histoire récente du Sénégal.
Daouda Ba


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