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 Procès d’Assane Diouf à Dakar : le procureur requiert 2 ans de prison (dont 6 mois ferme).

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L’activiste et lanceur d’alerte Assane Diouf comparaissait aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Dakar. Vêtu d’une tenue traditionnelle blanche, il a nié les faits qui lui sont reprochés, en particulier d’avoir offensé le Premier ministre Ousmane Sonko et diffusé de fausses informations.

Diouf, incarcéré depuis le 3 mars 2025 pour diffusion de fausses nouvelles et offense à une autorité, est accusé d’avoir insinué que Sonko aurait dissimulé la vérité à propos d’un supposé compte de « 1 000 milliards de F CFA ». Les poursuites sont motivées par une intervention télévisée et plusieurs vidéos en ligne dans lesquelles il qualifierait implicitement le Premier ministre de « premier menteur ».

Assane Diouf argue qu’il n’a jamais nommé Ousmane Sonko explicitement : « Je suis un lanceur d’alerte… je n’ai pas cité Ousmane Sonko, j’ai dit “premier menteur” », a-t-il répété devant la juge. Il revendique son droit à la liberté d’expression et à la critique politique face à des promesses laissées sans suite par les autorités.

Le substitut du procureur a insisté sur l’interprétation de l’expression « premier menteur » comme une accusation dirigée contre Sonko. Il a vivement critiqué l’arrogance supposée de Diouf, l’interpellant sur son « manque de courage » pour nommer directement la cible de ses propos. Le procureur a requis une peine de deux ans de prison, dont six mois ferme.

🔹 L’affaire a été mise en délibéré et le verdict est attendu pour le 7 août 2025.

Les avocats d’Assane Diouf plaident pour une relaxe, invoquant la liberté d’opinion, tandis que le parquet maintient sa demande de peine de prison ferme.

Cette affaire intervient dans un climat tendu sur la liberté d’expression au Sénégal, où les critiques politiques sur les réseaux sociaux font régulièrement l’objet d’examen judiciaire. Une grève prolongée du personnel judiciaire aggrave l’attention médiatique autour du dossier.
[16:06, 17/07/2025] Daouda Bâ Journaliste Sc Sagnia: Alioune Tine met en garde l’État : « Évitez de faire de la société civile les nouveaux boucs émissaires »

Le défenseur des droits humains Alioune Tine tire la sonnette d’alarme face à la détérioration des relations entre l’État et les organisations de la société civile. Dans une publication diffusée sur le réseau social X (anciennement Twitter), il a exprimé son inquiétude quant aux signes croissants de méfiance et de stigmatisation visant les acteurs civils du pays.

« Évitez de faire de la société civile les nouveaux boucs émissaires des difficultés que traverse ce pays. La société civile est un partenaire de l’État, pas un ennemi à abattre », a martelé M. Tine dans son message, appelant à la fin de toute instrumentalisation politique à leur encontre.

Figure respectée de la défense des droits de l’homme en Afrique de l’Ouest, Alioune Tine alerte régulièrement sur les dérives démocratiques et les atteintes aux libertés fondamentales. Son intervention intervient dans un contexte marqué par des tensions croissantes entre les autorités étatiques et plusieurs organisations non gouvernementales, souvent accusées — à tort ou à raison — de partialité ou d’ingérence dans les affaires politiques.

Pour M. Tine, la société civile joue un rôle central dans l’équilibre démocratique : « Elle contribue à la transparence, à la redevabilité et à la consolidation de l’État de droit », rappelle-t-il.

Alors que le pays fait face à des défis socio-économiques et politiques majeurs, le militant exhorte les autorités à renouer avec un dialogue constructif, plutôt qu’à engager une logique de confrontation. Il invite également les citoyens à rester vigilants et à défendre les acquis démocratiques durement gagnés.

 

Daouda BA

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La Rédaction