L'essentiel de l'information

Malaise au sommet de l’État : Sonko hausse le ton face à Diomaye

Views: 482
Read Time:2 Minute, 28 Second

Ce jeudi 10 juillet, le climat politique sénégalais a connu une secousse inattendue. Lors d’une réunion interne du parti Pastef, le Premier ministre Ousmane Sonko est sorti de sa réserve et a exprimé publiquement son profond désaccord avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Une sortie rare et marquante qui révèle un malaise croissant au sommet de l’État.

 

> « Ce qui se passe n’est ni bon, ni élégant », a lancé Ousmane Sonko, président du Pastef, devant ses camarades de parti.

 

Un pacte fondateur fragilisé ?

Au cœur de cette tension, le pacte politique scellé entre Sonko, Diomaye et El Malick Ndiaye. Un pacte que Sonko qualifie de confidentiel, bâti sur la confiance et la loyauté réciproques. Revenant sur sa genèse, il a rappelé qu’il s’agissait d’abord d’une entente à deux, entre lui et Bassirou Diomaye Faye, avant d’y associer El Malick Ndiaye après les Législatives, lors d’une rencontre au Camp Manuel.

 

> « Ce qu’on s’est dit, seul Dieu est témoin », a-t-il souligné, insistant sur la sacralité de cet accord interne.

Pour donner du poids à ses propos, Sonko a évoqué explicitement le rôle de garant joué par El Malick Ndiaye :

 

> « J’ai appelé un témoin en la personne de El Malick Ndiaye… Je lui ai dit : on était d’accord sur ces termes. Il répond par l’affirmative ! »

 

Des ambitions prématurées pour 2029 ?

Le Premier ministre a également dénoncé ce qu’il considère comme des manœuvres politiques en préparation pour l’échéance présidentielle de 2029. Selon lui, certains chercheraient à recruter dès maintenant des militants, notamment à Touba, pour se positionner.

 

> « Ils vont à Touba et un peu partout pour recruter des militants pour 2029. Pourquoi 2029 ? », s’est-il interrogé, laissant planer le doute sur les intentions de ses alliés, sans les nommer directement.

 

Cette sortie semble traduire un malaise face à des ambitions qui pourraient remettre en cause l’unité et la loyauté au sein de la coalition au pouvoir.

 

Un appel à Diomaye et un avertissement

Dans un ton à la fois ferme et lucide, Sonko a révélé qu’il avait déjà tenté d’alerter directement le chef de l’État.

> « Moi j’ai longtemps encaissé. Je suis allé voir le président Diomaye Faye, car ce qui se passe actuellement, il peut l’arrêter quand il le souhaite. Pourquoi il ne l’a pas fait, ça, c’est une autre question », a-t-il confié.

 

En filigrane, le Premier ministre reproche à Diomaye Faye son silence face à ces dynamiques internes qui fragilisent la cohésion.

 

Sonko n’a pas exclu de tirer toutes les conséquences politiques d’un éventuel désaccord durable :

> « Le jour où il pense que je ne peux plus être son Premier ministre et qu’il me libère, je prendrai mes responsabilités et reprendrai mon poste de député à l’Assemblée nationale ».

 

Une position de force réaffirmée

Malgré ces tensions, Sonko a tenu à rappeler qu’il demeure une figure centrale de la majorité et de l’exécutif.

 

> « Je suis théoriquement le chef de la majorité parlementaire, je suis le chef du gouvernement, et personne n’est plus apte que moi. Je ne vais nulle part », a-t-il martelé.

 

En somme, cette déclaration publique marque un tournant. Elle révèle les premières fissures apparentes dans l’alliance fondatrice du régime actuel et interpelle directement le président Diomaye Faye, sommé de clarifier sa position et de faire respecter le pacte initial.

La suite des événements dira si cette tension se transformera en rupture ou en sursaut salvateur pour la coalition au pouvoir.

 

Seydou Diallo

 

À propos de l’auteur de l’article

La Rédaction