L'essentiel de l'information

La déclaration inattendue de Pape Alé Niang : « les ministres fuient les plateaux de la télévision nationale ».

Views: 1677
Read Time:1 Minute, 35 Second

 Une déclaration aussi directe que dérangeante. Le Directeur général de la Radio Télévision Sénégalaise (RTS),Pape Alé Niang est sorti de sa réserve pour dénoncer un phénomène devenu, selon lui, « trop courant » et « regrettable » au sein de l’appareil gouvernemental : l’absence répétée de ministres sur les plateaux de la télévision nationale.

 

Relayée par le journaliste d’investigation Pape Alé Niang et actuel patron de la RTS, cette sortie révèle un malaise profond entre l’institution audiovisuelle publique et certains membres du gouvernement. « Des ministres sont régulièrement invités à la RTS pour défendre leur département, mais ils annulent souvent leur participation à la veille, voire à la dernière minute. C’est regrettable ! », aurait-il lâché avec une pointe d’exaspération.

 

Un aveu qui sonne comme un désaveu. Car à travers cette critique, c’est toute une posture de retrait et d’évitement qui est mise en lumière. En refusant d’affronter le débat public sur les plateformes nationales, ces ministres privent l’opinion d’un indispensable droit de regard sur les politiques publiques. Alors même que l’ère actuelle est marquée par de profondes réformes, cette frilosité pose question : que cherchent à éviter ces responsables ? Et pourquoi rechignent-ils à s’expliquer devant les citoyens via la télévision publique ?

 

Cette attitude n’est pas sans rappeler le climat de tension entre l’actuel pouvoir et les médias. Récemment, le Premier ministre Ousmane Sonko, lors d’un échange avec les cadres du Pastef, avait lui-même exprimé sa défiance à l’égard de certains médias, accusés d’hostilité ouverte envers son parti. Il avait alors appelé ses collaborateurs à boycotter certaines chaînes jugées partiales.

 

Mais dans ce cas précis, c’est la RTS organe officiel de l’État qui se retrouve boudée par des membres du gouvernement. Un paradoxe qui traduit peut-être un manque de cohérence au sein même de l’exécutif ou une mauvaise perception du rôle de la télévision publique.

 

Quoi qu’il en soit, cette sortie du Directeur général de la RTS ouvre un débat crucial : celui de la redevabilité, de la transparence, et du devoir de communication envers les citoyens. À l’heure des réseaux sociaux et de l’information instantanée, l’évitement n’est plus une stratégie viable. Le peuple veut voir, entendre et comprendre. Et les ministres, eux, doivent répondre présents.

 

Daouda Bâ

À propos de l’auteur de l’article

La Rédaction