Un cessez-le-feu est entré en vigueur mardi 24 juin, mettant temporairement fin à douze jours de violents affrontements entre l’Iran et Israël. Négociée sous l’égide du président américain Donald Trump, cette trêve est pour l’heure respectée, bien que chaque camp revendique la victoire. Une accalmie relative, alors que les populations civiles restent meurtries par près de deux semaines de bombardements incessants.
Deux camps, deux victoires proclamées
Mardi, jour de mise en œuvre du cessez-le-feu, l’Iran et Israël ont tous deux clamé leur triomphe. À Jérusalem, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a salué une « victoire historique » contre le programme nucléaire iranien. Selon lui, les frappes menées par les États-Unis et Israël ont « anéanti » les capacités atomiques de Téhéran. Il a averti : « Si quelqu’un en Iran tente de reconstruire ce programme, nous agirons avec la même détermination. L’Iran n’aura jamais l’arme atomique. »
Pourtant, un document confidentiel américain récemment divulgué dans la presse remet en question l’efficacité réelle de ces frappes sur les infrastructures nucléaires iraniennes.
Téhéran célèbre une victoire politique et diplomatique
À Téhéran, la nuit qui a suivi l’annonce du cessez-le-feu a été calme, sans rapport de violations majeures. Les autorités iraniennes affirment que c’est leur fermeté qui a contraint Israël et les États-Unis à accepter une trêve. Le président iranien Massoud Pezeshkian s’est dit prêt à reprendre les discussions avec Washington sur le programme nucléaire, tout en affirmant que l’Iran n’a jamais cherché à développer l’arme atomique. « Nous sommes prêts à résoudre nos différends à la table des négociations », a-t-il déclaré.
Toutefois, le ministre iranien des Affaires étrangères a exclu tout abandon du programme d’enrichissement d’uranium. Un point de friction majeur, alors que l’envoyé spécial américain Steve Witkoff a réaffirmé l’exigence d’un arrêt total de cette activité. La question des stocks d’uranium enrichi de l’Iran pourrait ainsi devenir l’un des enjeux cruciaux d’une éventuelle reprise des négociations.
Suspension de la coopération avec l’AIEA et répression intérieure
Ce mercredi, en réponse au silence de la communauté internationale sur les frappes contre ses installations nucléaires, le Parlement iranien a voté la suspension de la coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). « L’AIEA a perdu sa crédibilité en ne condamnant pas les attaques contre nos infrastructures », a déclaré le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.
Dans le même temps, les autorités iraniennes ont annoncé la pendaison de trois individus accusés d’espionnage au profit d’Israël, portant à cinq le nombre d’exécutions depuis le début du conflit. L’agence Fars, proche des milieux conservateurs, rapporte également l’arrestation de plus de 700 personnes en lien présumé avec les services secrets israéliens, soupçonnées d’avoir mené des attaques de drones ou transmis des images de sites militaires sensibles. Ce chiffre, qui exclut les arrestations à Téhéran, pourrait encore augmenter.
Retour progressif à la normale en Israël
De l’autre côté de la frontière, les Israéliens tentent de reprendre le cours de leur vie. À Jérusalem, les rues se remplissent à nouveau. Les restrictions liées à l’état d’urgence ont été levées ce mercredi matin, permettant la réouverture des écoles, des commerces non essentiels ainsi que la reprise des vols dans les aéroports de Tel-Aviv et Haïfa.
Cependant, la situation reste tendue dans les zones proches de la bande de Gaza, toujours soumises à des restrictions sécuritaires. À Beer Sheva, ville du sud durement touchée par les tirs iraniens, de nombreuses habitations ont été détruites, laissant des familles sans abri. Vingt-huit personnes ont péri côté israélien, dont quatre lors de la dernière salve de missiles survenue quelques heures avant le cessez-le-feu.
Un lourd bilan humain et des incertitudes persistantes
Selon les autorités iraniennes, plus de 600 personnes ont été tuées durant ces douze jours d’affrontements, un chiffre bien supérieur au bilan israélien, grâce notamment au réseau d’abris et de défenses antimissiles en Israël.
Malgré la trêve, l’ombre de nouveaux affrontements plane toujours. Les menaces d’Israël en cas de reprise du programme nucléaire iranien, les tensions diplomatiques avec l’AIEA, et la répression intérieure en Iran témoignent de la fragilité d’une paix encore incertaine.
RFI.fr


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