La mise en place du nouveau gouvernement, annoncée depuis le 28 juillet et finalement dévoilée ce samedi 6 septembre au soir, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Dans une analyse très critique, Thierno Alassane Sall, député et président du parti La République des Valeurs, estime que cette « formation laborieuse » révèle surtout les tensions internes du régime et les fragilités de l’exécutif.
Pressions et concessions
Selon l’ancien ministre, le président Bassirou Diomaye Faye a fini par céder « aux dernières pressions des Pastefiens » en confiant à son Premier ministre Ousmane Sonko deux ministères de souveraineté, à savoir la Justice et l’Intérieur. Une décision qu’il juge lourde de conséquences. « On peut donc s’attendre à une accentuation de la répression et de la vengeance politiques », prévient-il.
Réformes économiques en suspens
Alors que ce gouvernement était censé porter le plan de redressement économique, Thierno Alassane Sall estime que cette mission pourrait être compromise. Il déplore en effet le maintien de « ministres notoirement incompétents », conséquence, selon lui, de l’absence d’accord clair entre le chef de l’État et son Premier ministre.
Une guerre froide au sommet de l’État
Au-delà des choix ministériels, le président de La République des Valeurs alerte sur une « guerre froide » persistante entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Une rivalité qui, d’après lui, risque de s’étendre progressivement « dans la haute administration et les institutions de la République ».
« Une stratégie du pourrissement »
Thierno Alassane Sall va plus loin en qualifiant la posture du président Faye de « stratégie du pourrissement » face à son « contempteur de Premier ministre ». Il décrit ce bras de fer comme l’opposition entre « le président légal » et « le président légitime », et y voit « un aveu de faiblesse qui finira par casser le pays ».
Avec cette sortie, l’ancien candidat à la présidentielle confirme son rôle de vigie critique du régime. Reste à savoir si ses alertes trouveront un écho au sein d’une opinion publique déjà polarisée par la cohabitation inédite entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko.
Daouda Bâ


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