Les animateurs culturels dénoncent une « confiscation » de leur corps : le SYAC de Samba Mballo annonce des actions fortes.
Le Syndicat autonome des animateurs culturels (SYAC), dirigé par son secrétaire général Samba Mballo, a tenu ce mardi à Dakar une conférence de presse pour « rétablir la vérité » sur plusieurs points liés à la gouvernance culturelle. Face à la presse, les responsables syndicaux, sous la houlette de Samba Mballo, ont fustigé les déclarations récentes de leur ministre de tutelle et dénoncé des « irrégularités graves » dans la gestion des ressources humaines au sein du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture.
« Le ministre ne peut pas revendiquer la paternité de notre syndicat »
Premier point évoqué : la création du syndicat. Le ministre avait récemment affirmé, sur la RTS, avoir contribué à la naissance de cette organisation. Une version catégoriquement rejetée par le SYAC.
> « Notre syndicat est né le 8 juin 2024, à l’issue d’une assemblée générale tenue à la Place du Souvenir. C’était une recommandation des animateurs eux-mêmes, avant même toute rencontre avec le ministre. Revendiquer cette paternité n’a aucun fondement », a martelé Samba Mballo, secrétaire général du syndicat.
La polémique sur les directeurs régionaux
Le second point de crispation porte sur la nomination de 14 inspecteurs de la jeunesse et des sports comme directeurs régionaux de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Selon le syndicat de Samba Mballo, ces nominations « par intérim » violent le décret du 17 août 2024 qui stipule que ces postes doivent être attribués à des fonctionnaires de la hiérarchie A, sur proposition du ministre mais par décret présidentiel.
> « Non seulement il n’y a pas eu de dépouillement de l’appel à candidatures lancé en 2024, mais ces inspecteurs n’ont même pas assuré la passation des services culturels dans les régions. Ils n’ont pris fonction que sur les volets jeunesse et sports, laissant de côté la culture », dénonce le SYAC.
Le syndicat rappelle qu’à l’issue d’un sitting, le 28 juillet dernier, le ministère avait promis de créer des directions régionales spécifiques pour la culture, mais « à ce jour, aucune suite concrète n’a été donnée ».
Le recrutement des animateurs, un dossier bloqué
Autre sujet brûlant : la question du recrutement des animateurs culturels. Alors que plusieurs secteurs de la fonction publique (éducation, santé, enseignement supérieur) ont bénéficié de recrutements massifs, les animateurs dénoncent un blocage incompréhensible.
> « Aujourd’hui, certaines régions comme Kédougou n’ont qu’un seul animateur pour toute la région. Et pourtant, lors de grands événements comme la Biennale ou l’Ecofest, c’est à nous que l’État fait appel à la dernière minute », regrette le syndicat dirigé par Samba Mballo, qui accuse le ministère de « négliger un secteur stratégique ».
Des actions annoncées
Face à ce qu’ils qualifient de « marginalisation », les animateurs culturels annoncent une série d’actions.
- Saisine du Premier ministre et du président de la République.
- Recours devant la Chambre administrative de la Cour suprême contre la note de service qui a nommé les inspecteurs de la jeunesse comme directeurs régionaux.
- Organisation d’un sitting devant le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture dans les prochains jours.
Le SYAC de Samba Mballo dit rester « ouvert au dialogue », mais se dit prêt à aller « jusqu’au bout » pour défendre les intérêts des animateurs culturels.
> « Nous sommes un syndicat légalement constitué. Nous voulons juste que les textes soient respectés et que les animateurs formés pour le secteur puissent occuper leur place légitime dans la gouvernance culturelle », conclut Samba Mballo.
Seydou Diallo


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