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Expulsion contestée : La bataille judiciaire entre Bocar Samba Dièye et la banque se poursuit.

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L’opérateur économique Bocar Samba Dièye reste au cœur d’un bras de fer judiciaire qui dure depuis plusieurs années avec la Cbao-Attijari. L’affaire, qui concerne l’expulsion de l’homme d’affaires de trois immeubles, a pris une nouvelle tournure après la décision du tribunal de Commerce de Dakar, le 22 septembre dernier, de se déclarer incompétent à statuer sur son opposition à une ordonnance de référé datant de 2017. Cette ordonnance avait ordonné son expulsion pour une dette estimée à 7 milliards FCFA.

 

Pour sa défense, M. Dièye met en avant une expertise réalisée en 2020 et homologuée par la Cour de Dakar. Ce rapport met en lumière des pratiques bancaires jugées contestables, évoquant notamment l’usure, l’anatocisme et des agios « exorbitants ». Selon cette expertise, le solde réel du compte tournerait même à l’avantage de l’homme d’affaires.

 

Par ailleurs, les « prénotations » inscrites sur les titres fonciers des trois immeubles constituent un obstacle majeur, empêchant toute cession. La banque, déjà déboutée en février dernier dans sa demande de 3 milliards FCFA pour indemnité d’occupation, avait pourtant procédé à la mutation des immeubles à son nom. Mais elle avait été condamnée en première instance à verser 11 milliards FCFA de dommages et intérêts à Bocar Samba Dièye, avant que cette décision ne soit annulée par la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) d’Abidjan puis par la Cour d’appel de Dakar.

 

L’affaire, aujourd’hui pendante devant la Cour suprême, demeure donc loin de son épilogue. En juillet 2025, un commandement d’expulsion a été lancé, mais juridiquement, les immeubles restent toujours rattachés au patrimoine de M. Dièye. Ce dernier a, en outre, porté le dossier sur le plan pénal, en déposant une plainte pour « escroquerie et recel d’immeubles » contre la banque et son directeur général.

 

La saga judiciaire se poursuit ainsi, laissant planer l’incertitude sur l’avenir de ces biens immobiliers et sur l’issue de ce conflit aux enjeux financiers colossaux.

 

Daouda Bâ

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Daouda BA