L’élection du nouveau maire de Dakar, tenue le 25 août 2025, continue de susciter de vives réactions. Pour une frange importante de l’opposition, ce scrutin constitue un « précédent grave » dans l’histoire politique du Sénégal.
Une élection « tronquée » selon des opposants
D’après les critiques relayées par plusieurs responsables politiques, le nouveau maire, membre du Pastef, aurait bénéficié de « manœuvres opaques » et d’un contexte marqué par la division et la fragmentation de l’opposition municipale. Certains évoquent même l’usage de la « mallette », allusion à des pratiques d’achat de conscience, qui auraient influencé une partie des conseillers.
Le précédent Yewwi Askan Wi
Pour rappel, la large victoire de la coalition Yewwi Askan Wi (YAW) lors des élections locales de 2022 avait porté Barthélémy Dias à la tête de la capitale. Mais dès le réaménagement du bureau municipal imposé par la justice pour le respect de la parité, des tensions avaient éclaté entre le Pastef et Taxawu Dakar, entraînant progressivement l’implosion de YAW.
Cette rupture a ouvert la voie à une rivalité frontale entre le camp de Dias et celui d’Ousmane Sonko, sur fond de recompositions politiques où Benno Bokk Yaakaar et d’autres conseillers ont joué un rôle déterminant.
Des accusations de trahison et d’achat de conscience
Pour les détracteurs de ce scrutin, la victoire du Pastef ne peut s’expliquer uniquement par les recompositions internes. Ils dénoncent une « capitulation » d’une partie de l’opposition municipale, accusée d’avoir cédé à des intérêts matériels et à des calculs politiciens au détriment de l’unité contre le pouvoir.
Selon ces critiques, « la mairie de Dakar, bastion stratégique de l’opposition, aurait dû rester un rempart contre le régime en place », mais des choix jugés opportunistes auraient conduit à une défaite qualifiée d’« indigne ».
Quelles conséquences pour l’avenir politique ?
Pour certains analystes, cette victoire constitue un succès stratégique pour le Pastef, qui vise à étendre son influence sur les collectivités territoriales en vue des prochaines échéances de 2027. Les opposants y voient, au contraire, une « OPA politique » annonciatrice d’une volonté d’hégémonie.
Cette controverse révèle surtout deux réalités : la profonde division de l’opposition sénégalaise et la montée en puissance du Pastef, désormais aux commandes de la capitale.
Seydou Diallo


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