L'essentiel de l'information

Communiqué final du Sommet arabo-islamique extraordinaire tenu à Doha.

Views: 3826
Read Time:12 Minute, 9 Second

Doha, le 15 septembre /QNA/ Le communiqué final du Sommet arabo-islamique extraordinaire consacré à l’examen de l’agression israélienne contre l’État du Qatar a été publié ce lundi à Doha, à l’issue des travaux auxquels ont pris part Leurs Majestés, Excellences et Altesses, chefs de délégations participantes.

 

Nous, dirigeants des États et gouvernements membres de la Ligue des États arabes et de l’Organisation de la coopération islamique, réunis ce lundi 22 Rabi‘ al-Awwal 1447 H, correspondant au 15 septembre 2025, dans la capitale qatarie Doha, à l’invitation gracieuse de Son Altesse Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, Émir de l’État du Qatar, et sous sa présidence, afin d’examiner l’agression israélienne contre l’État du Qatar, affirmons notre position commune de condamnation et de solidarité totale avec l’État frère du Qatar.

Nous exprimons notre profonde gratitude et notre haute appréciation à Son Altesse Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, Émir de l’État du Qatar, pour son hospitalité généreuse, ainsi qu’à l’État frère du Qatar pour l’organisation exemplaire de ce sommet.

Trop

Guidés par les principes des Chartes de la Ligue des États arabes et de l’Organisation de la coopération islamique, et rappelant les principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies, notamment l’article 2 (4) interdisant le recours à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État ;

Rappelant également l’ensemble des résolutions pertinentes adoptées par l’OCI et la Ligue arabe au cours des dernières décennies, qui rejettent toute agression contre leurs États membres et consacrent la solidarité arabo-islamique et la sécurité collective face aux menaces extérieures, y compris celles liées à la cause palestinienne ;

Réaffirmant notre attachement constant à la souveraineté, à l’indépendance et à la sécurité de tous les États membres de la Ligue arabe et de l’OCI, et conscients de notre devoir collectif de répondre à cette agression en défense de notre sécurité commune ; rejetant fermement toute atteinte à la sécurité de nos pays et condamnant avec la plus grande fermeté toute agression les visant, en réaffirmant notre solidarité absolue et inébranlable face à toute menace pesant sur leur sécurité et leur stabilité ;

Prenant note de la réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies tenue le 11 septembre 2025, au cours de laquelle un consensus s’est dégagé pour condamner l’agression israélienne comme une violation de la paix et de la sécurité internationales ; et saluant la déclaration présidentielle du Conseil qui a condamné l’attaque, exprimé sa solidarité avec l’État du Qatar, et réaffirmé le rôle vital que continue de jouer le Qatar, aux côtés de l’Égypte et des États-Unis, dans les efforts de médiation dans la région, tout en insistant sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Qatar, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies ;

Réaffirmant que l’absence de reddition de comptes et le silence de la communauté internationale face aux violations répétées d’Israël l’ont encouragée à persister dans ses agressions et à bafouer le droit international et les résolutions de la légalité internationale, consacrant ainsi une politique d’impunité, fragilisant le système de justice internationale et menaçant de saper l’ordre mondial fondé sur des règles, ce qui constitue une menace directe pour la paix et la sécurité régionales et internationales ;

Réaffirmant notre soutien total à l’État frère du Qatar, à sa sécurité, sa stabilité, sa souveraineté et à la sûreté de ses citoyens, nous affirmons nous tenir unis à ses côtés face à cette agression, que nous considérons comme une violation flagrante de sa souveraineté, une transgression manifeste du droit international et une menace grave pour la paix et la sécurité régionales.

Nous décidons ce qui suit :

1-Réaffirmer que l’agression israélienne brutale contre l’État frère du Qatar, et la poursuite des pratiques agressives d’Israël – y compris les crimes de génocide, le nettoyage ethnique, la famine et le blocus, ainsi que les activités de colonisation et la politique expansionniste – compromettent toute perspective de paix dans la région.

2-Condamner dans les termes les plus fermes l’attaque lâche et illégale menée par Israël le 9 septembre 2025 contre un quartier résidentiel de Doha, capitale du Qatar, comprenant des logements dédiés à l’accueil des délégations de négociation dans le cadre des efforts de médiation entrepris par le Qatar, ainsi que plusieurs écoles, crèches et locaux diplomatiques, ayant entraîné la mort de plusieurs martyrs, dont un citoyen qatari, et fait de nombreux blessés par

Cette attaque constitue une agression flagrante contre un État arabe et musulman membre de l’Organisation des Nations Unies. Elle représente une escalade dangereuse qui révèle l’extrémisme et la nature agressive du gouvernement israélien, venant s’ajouter à son lourd bilan criminel menaçant la paix et la sécurité régionales et internationales.

3-Affirmer notre solidarité absolue avec l’État du Qatar face à cette agression, que nous considérons comme dirigée contre l’ensemble des États arabes et musulmans. Nous nous engageons à soutenir notre pays frère dans toutes les mesures et démarches qu’il entreprendra pour répondre à cette attaque israélienne perfide, afin de protéger sa sécurité, sa souveraineté, sa stabilité et d’assurer l’intégrité de ses citoyens et des résidents sur son territoire, conformément aux garanties prévues par la Charte des Nations Unies.

4-Souligner que cette agression contre le Qatar – médiateur clé pour un cessez-le-feu à Gaza, la libération des otages et la fin de la guerre – constitue une escalade grave portant atteinte aux efforts diplomatiques de paix. En attaquant un lieu neutre de médiation, Israël non seulement viole la souveraineté qatarie, mais sape aussi les processus internationaux de paix. Il en assume, de ce fait, l’entière responsabilité et toutes les conséquences.

5-Témoigner notre profonde considération pour la position sage, responsable et éminemment civilisée adoptée par l’État du Qatar face à cette agression perfide ; position qui reflète son attachement constant aux principes du droit international et sa détermination inébranlable à préserver sa souveraineté, sa sécurité et à défendre ses droits par tous les moyens légitimes.

6-Soutenir pleinement les efforts déployés par les pays médiateurs, au premier rang desquels l’État du Qatar, la République arabe d’Égypte et les États-Unis d’Amérique, en vue de mettre un terme à l’agression contre la bande de Gaza. À cet égard, réaffirmer le rôle constructif joué par l’État du Qatar et saluer les efforts considérables qu’il consacre à la médiation, dont les retombées positives contribuent de manière significative aux démarches visant à instaurer la sécurité, la stabilité et la paix.

 

Par ailleurs, rendre hommage aux multiples initiatives entreprises par l’État du Qatar sur les scènes régionale et internationale, notamment dans les domaines de l’aide humanitaire et du soutien à l’éducation dans les pays en développement et les pays les plus vulnérables. Ces actions renforcent son statut d’acteur engagé et incontournable, œuvrant en faveur de la paix et du développement aux niveaux régional et international.

7- Rejeter catégoriquement toute tentative de justifier cette agression, sous quelque prétexte que ce soit. Elle constitue une violation flagrante du droit international et de la Charte de l’ONU. De plus, elle vise délibérément à saper les médiations en cours pour faire cesser la guerre à Gaza et à faire échouer toute perspective de solution politique juste et durable, seule à même de mettre fin à l’occupation, aux souffrances du peuple palestinien et de garantir ses droits inaliénables.

8- Rejeter absolument les menaces israéliennes répétées de prendre pour cible le Qatar ou tout autre État arabe ou musulman. De telles provocations constituent une escalade dangereuse qui menace la paix et la sécurité internationales. Nous appelons la communauté internationale à les condamner sans équivoque et à prendre des mesures dissuasives immédiates pour y mettre un terme.

9- Se féliciter de l’adoption par le Conseil de la Ligue arabe, au niveau ministériel, de la résolution intitulée « Vision commune pour la sécurité et la coopération dans la région ». Dans ce cadre, il convient de mettre en avant le principe de sécurité collective et de destin commun des États arabes et islamiques, de réaffirmer l’impératif d’unité face aux défis et menaces partagés, et d’engager sans délai l’élaboration des mécanismes nécessaires à sa mise en œuvre effective.

Tout futur arrangement régional devra impérativement s’appuyer sur le respect du droit international et de la Charte des Nations Unies, promouvoir les relations de bon voisinage, le respect de la souveraineté des États et la non-ingérence dans leurs affaires intérieures. Il devra aussi garantir l’égalité des droits et des obligations entre tous les États, sans distinction ni privilège, privilégier le règlement pacifique des différends et proscrire le recours à la force. Ces arrangements devront en outre viser à mettre fin à l’occupation israélienne de l’ensemble des territoires arabes, concrétiser l’établissement d’un État palestinien dans les frontières du 4 juin 1967, et œuvrer à un Moyen-Orient exempt d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive.

10-Souligner la nécessité de s’opposer aux plans israéliens visant à imposer un nouveau fait accompli dans la région, lesquels constituent une menace directe pour la stabilité et la sécurité régionales et internationales, et appeler à une action collective pour y faire face.

11- Condamner fermement toute tentative israélienne de déplacer la population palestinienne, sous quelque prétexte que ce soit, hors des territoires occupés en 1967. De telles actions constituent un crime contre l’humanité, une violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire, ainsi qu’une politique de nettoyage ethnique totalement inacceptable.

Dans ce contexte, il est impératif de mettre en œuvre le plan arabo-islamique de reconstruction dans ses dimensions politiques et techniques, de lancer sans délai la reconstruction de la bande de Gaza, d’appeler les donateurs internationaux à fournir le soutien nécessaire et de les exhorter à participer activement à la conférence sur la reconstruction de Gaza qui se tiendra au Caire dès l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu.

12- Condamner les politiques israéliennes ayant causé une catastrophe humanitaire sans précédent, où le blocus, la privation de nourriture et le déni d’accès aux médicaments sont utilisés comme armes de guerre contre le peuple palestinien, en violation flagrante du droit international humanitaire et des Conventions de Genève. Souligner que ces pratiques constituent un crime de guerre à part entière, exigeant une action urgente de la communauté internationale pour y mettre fin et garantir l’entrée immédiate, sûre et sans restriction de l’aide humanitaire dans toutes les zones des territoires palestiniens occupés.

13- Mettre en garde contre les conséquences catastrophiques de toute décision par Israël, puissance occupante, d’annexer toute partie de la terre palestinienne occupée, et s’y opposer en tant qu’agression flagrante contre les droits historiques et légaux du peuple palestinien, violation de la Charte des Nations Unies, des principes du droit international et des résolutions pertinentes de l’ONU, et sabotage de tous les efforts visant à établir une paix juste et globale dans la région.

14- Souligner l’urgence d’une action résolue de la communauté internationale afin de mettre un terme aux agressions israéliennes répétées dans la région et à leurs violations persistantes de la souveraineté, de la sécurité et de la stabilité des États, dans le respect du droit international et des résolutions pertinentes de la légalité internationale. Mettre en garde contre les conséquences graves de l’incapacité continue de la communauté internationale à freiner l’agressivité israélienne — dont la dernière en date est l’attaque contre l’État frère du Qatar — alors même qu’Israël poursuit et intensifie son agression brutale contre la bande de Gaza occupée, multiplie ses pratiques de colonisation illégales en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et mène des attaques répétées contre les pays de la région, notamment la République libanaise, la République arabe syrienne et la République islamique d’Iran, autant de violations flagrantes du droit international et d’atteintes grossières à la souveraineté des États.

15- Appeler l’ensemble des États à adopter toutes les mesures juridiques et effectives possibles pour empêcher Israël de poursuivre ses actions contre le peuple palestinien, notamment en soutenant les efforts visant à mettre fin à son impunité et à la tenir pleinement responsable de ses actes et de ses crimes ; en imposant des sanctions ; en suspendant la fourniture, le transfert ou le transit d’armes, de munitions et de matériels militaires, y compris ceux à double usage ; en réexaminant les relations diplomatiques et économiques avec elle ; et en engageant des poursuites judiciaires à son encontre.

16- Appeler les États membres de l’Organisation de la coopération islamique à examiner la conformité de l’adhésion d’Israël aux Nations Unies avec la Charte de l’ONU, au regard de ses violations flagrantes des conditions d’adhésion et de son mépris persistant pour les résolutions onusiennes. À cet égard, encourager la coordination des efforts visant à obtenir la suspension de l’adhésion d’Israël à l’Organisation des Nations Unies.

17- Réaffirmer l’importance du respect de la légalité internationale et des résolutions pertinentes des Nations Unies comme référence incontournable pour l’instauration de la paix et de la sécurité internationales, et rejeter fermement le discours israélien qui instrumentalise et promeut l’islamophobie afin de justifier la poursuite de ses violations et l’adoption de politiques contraires au droit international, notamment la perpétuation du génocide et la poursuite des projets de colonisation en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ainsi que la diabolisation des pays arabes et islamiques.

18- Se féliciter de l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies de la « Déclaration de New York » relative à la mise en œuvre de la solution à deux États et à l’établissement d’un État palestinien indépendant, qui traduit clairement la volonté de la communauté internationale de soutenir les droits légitimes du peuple palestinien, en particulier son droit à établir un État indépendant sur les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale. Saluer, à cet égard, les efforts du Royaume d’Arabie saoudite et de la République française qui ont contribué à l’adoption de cette déclaration.

19- Accueillir favorablement la tenue de la conférence sur la solution à deux États, coprésidée par le Royaume d’Arabie Saoudite et la République française, qui sera organisée à New York le 22 septembre 2025, et appeler à un renforcement des efforts internationaux pour garantir une reconnaissance large d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale.

20- Saluer le rôle central joué par les représentants des pays arabes et islamiques membres du Conseil de sécurité, notamment l’Algérie, la Somalie et le Pakistan, dans la défense de la cause palestinienne, la cessation de l’agression israélienne contre la bande de Gaza, l’établissement d’un cessez-le-feu et l’obtention de l’adhésion pleine et entière de la Palestine aux Nations Unies.

Saluer également leur contribution active à la convocation et à la sécurisation de la tenue de la session d’urgence du Conseil de sécurité consacrée à contrer l’agression israélienne contre l’État du Qatar.

21- Réaffirmer le soutien à la tutelle historique hachémite, assurée par Sa Majesté le Roi Abdallah II ibn Al Hussein, sur les lieux saints islamiques et chrétiens de Jérusalem, telle que confirmée par l’accord signé entre Sa Majesté le Roi Abdallah II et Son Excellence Mahmoud Abbas, Président de l’État de Palestine, le 31 mars 2013, et affirmer que la Mosquée Al-Aqsa / Haram al-Sharif, dans son intégralité sur une superficie de 144 000 mètres carrés, est un lieu de culte réservé aux musulmans uniquement, et que l’Administration des Waqfs de Jérusalem et des affaires de la Mosquée Al-Aqsa, relevant du ministère jordanien des Waqfs, est l’autorité légale exclusive compétente pour gérer la Mosquée Al-Aqsa, en assurer l’entretien et en réguler l’accès.

22- Souligner la nécessité de travailler à l’enracinement des Jérusalémites sur leur terre et de soutenir le Comité Al-Qods présidé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI du Royaume du Maroc et son bras exécutif, l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif.

23- Affirmer qu’une paix juste, globale et durable au Moyen-Orient ne sera pas réalisée en contournant la question palestinienne ou en tentant d’ignorer les droits du peuple palestinien, ni par la violence et la prise pour cible des médiateurs, mais plutôt en adhérant à l’Initiative de paix arabe et aux résolutions pertinentes de la légalité internationale. Dans ce contexte, nous appelons la communauté internationale, en particulier le Conseil de sécurité, à assumer ses responsabilités légales et morales pour mettre fin à l’occupation israélienne et établir un calendrier contraignant à cet effet.

24- Mandater les États membres de l’Organisation de la coopération islamique, parties au Statut de Rome de la Cour pénale internationale, conformément à leurs obligations en vertu du droit international et, le cas échéant, de prendre toutes les mesures possibles dans le cadre de leurs législations nationales pour soutenir l’exécution des mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale le 21 novembre 2024 à l’encontre des auteurs de crimes contre le peuple palestinien ; et appelle les États membres de l’Organisation de la coopération islamique à déployer des efforts diplomatiques, politiques et juridiques pour garantir qu’Israël, en tant que puissance occupante, se conforme à ses obligations contraignantes en vertu des mesures conservatoires ordonnées par la Cour internationale de Justice le 26 janvier 2024 dans l’affaire « Application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza ».

25 – Exprimer notre profonde gratitude à l’État du Qatar, à son Émir, son gouvernement et son peuple, en particulier Son Altesse Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, pour les efforts inlassables déployés pour accueillir et organiser les réunions de ce Sommet avec sagesse et vision stratégique, et pour les ressources et les facilités fournies par l’État du Qatar pour garantir le succès de ce Sommet. Nous saluons hautement le rôle actif de l’État du Qatar dans la promotion de l’esprit de consultation et de consensus entre les États membres, et ses contributions tangibles au soutien du processus de travail commun, reflétant son engagement constant à renforcer les liens de solidarité et d’unité.

À propos de l’auteur de l’article

La Rédaction