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Bassirou Diomaye Faye et Donald Trump : ce qu’on ne nous dit pas sur la rencontre de ce mercredi

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Sur invitation du président américain Donald Trump, le chef de l’État sénégalais Bassirou Diomaye Faye entame ce mardi une visite officielle de deux jours aux États-Unis. Il sera accompagné de quatre autres homologues africains : ceux du Libéria, du Gabon, de la Mauritanie et de la Guinée-Bissau. Officiellement présentée comme une simple visite de courtoisie, cette rencontre cache en réalité des enjeux diplomatiques importants, notamment autour de la question migratoire.

 

Selon des informations publiées par le journal L’As, cette visite intervient dans un contexte sensible pour des milliers de Sénégalais vivant en situation irrégulière aux États-Unis, dont certains sont passés par des routes alternatives comme celle du Nicaragua. Beaucoup craignent aujourd’hui un éventuel rapatriement à la suite d’un accord actuellement en négociation entre Washington et Dakar.

 

Un projet d’accord bilatéral sur le rapatriement des migrants

D’après un document confidentiel consulté par L’As, les États-Unis proposent au Sénégal de signer un accord migratoire visant à organiser le transfert « digne, sûr et rapide » de ses ressortissants vivant illégalement sur le sol américain, notamment ceux dont la demande d’asile a été rejetée ou qui n’en ont pas formulé. Sont également concernés les migrants ayant emprunté des itinéraires détournés ou vivant sans papiers.

 

En échange, le Sénégal pourrait bénéficier d’un appui financier et d’avantages économiques, notamment des investissements destinés à financer des projets de développement.

 

Le texte précise que tout accord devra respecter les engagements internationaux, comme la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, le Protocole de 1967 et la Convention contre la torture de 1984. Les États-Unis, de leur côté, s’engagent à suivre des procédures légales pour déterminer le statut des personnes concernées, et aucun mineur non accompagné ne pourra être transféré.

 

Le spectre d’un “Third Country Agreement” revisité

Toujours selon L’As, ce projet américain s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire signer à plusieurs pays africains des accords semblables au modèle du « Third Country Agreement ». Il s’agit pour les États-Unis de renforcer leur contrôle migratoire en limitant l’arrivée de migrants irréguliers sur leur territoire.

 

Le président Diomaye Faye ne prévoit pas, officiellement, de signer un tel document pendant cette visite. Mais selon les informations du journal, ce point devrait être au cœur des discussions entre les deux chefs d’État.

 

Un dialogue de haut niveau et des enjeux économiques

La Maison Blanche a annoncé pour ce mercredi un dialogue de haut niveau entre Donald Trump, Bassirou Diomaye Faye et les quatre autres chefs d’État africains présents. Officiellement, cette rencontre doit renforcer les liens entre les États-Unis et ces pays africains grâce au commerce, à l’investissement et à un partenariat stratégique.

 

Mais en coulisses, la question migratoire pourrait devenir le principal sujet. Si un accord est trouvé, le Sénégal pourrait obtenir des avantages économiques conséquents, mais cela pourrait aussi entraîner le retour forcé de nombreux Sénégalais vivant sans papiers aux États-Unis.

 

Les discussions se poursuivent donc dans la discrétion, tandis que l’enjeu reste crucial pour l’avenir de nombreux migrants et pour les relations entre le Sénégal et les États-Unis.

 

Seydou Diallo

 

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La Rédaction