L'essentiel de l'information

Assises nationales des médias : préserver la presse pour consolider la démocratie sénégalaise.

Views: 384
Read Time:2 Minute, 37 Second

Dakar le 1er juillet, Cheikhou Oumar Sy, président de l’Observatoire de Suivi des Indicateurs de Développement Économique en Afrique (OSIDEA), a pris part à la journée de restitution du rapport général des Assises nationales des médias au Sénégal. À cette occasion, il a livré une analyse lucide et engagée sur les défis actuels de la presse sénégalaise et l’importance de son rôle dans le développement démocratique, économique et social du pays.

 

« La presse est le quatrième pouvoir qu’il faut protéger »

 

Dans son intervention, Cheikhou Oumar Sy a tenu à remercier le président de l’Observatoire et les organisateurs pour cette initiative jugée essentielle :

 

« La paix démocratique repose en partie sur une presse forte et indépendante. Aujourd’hui, la presse sénégalaise traverse une crise profonde, non seulement financière et structurelle, mais aussi une tension latente avec l’actuel gouvernement. »

 

Pour lui, même si la régulation et la mise en ordre du secteur sont nécessaires, il est tout aussi indispensable de rappeler que la presse a largement contribué au renforcement de la démocratie, y compris pour ceux qui gouvernent aujourd’hui.

 

Un appel pour la liberté d’expression

L’ancien député a également profité de l’occasion pour lancer un appel solennel à la libération de Bachir Fofona, Abdou Nguer et Moustapha Diakhate, tout en invitant à travailler à la révision de la loi sur les délits d’opinion. Un message fort pour rappeler l’importance de garantir un espace médiatique libre et respectueux des droits fondamentaux.

 

Une absence regrettable du ministère de la Communication

Cheikhou Oumar Sy a également déploré l’absence du ministère de la Communication lors de cette restitution, considérant que sa présence aurait permis d’éclairer les débats et de proposer des pistes concrètes pour améliorer la situation :

 

« C’est une activité nationale, qui devait se tenir à la Maison de la presse avec l’accompagnement du ministère. Ses représentants auraient pu enrichir les recommandations issues des assises. »

 

Il a insisté sur la nécessité de trouver une bonne entente entre les acteurs, afin de préserver les droits et libertés des professionnels des médias et de garantir l’accès à une information fiable pour tous.

 

La presse, levier économique et social

Rappelant que le Sénégal est entré dans l’ère du pétrole et du gaz, Cheikhou Oumar Sy a souligné le rôle stratégique de la presse dans la diffusion de la bonne information, non seulement pour le grand public mais aussi pour le secteur privé et la société civile :

 

« Sans la presse, le secteur privé n’a pas la bonne information, la société civile non plus, et cela affecte la performance globale du pays. »

 

Pour lui, la crise actuelle met en danger de nombreux emplois et accentue la précarité dans le secteur. Il appelle donc à des solutions urgentes pour soutenir économiquement et institutionnellement les médias.

 

Miser sur la formation continue et l’adaptation aux défis numériques

Sur un plan plus personnel, Cheikhou Oumar Sy a plaidé pour l’instauration d’un système de formation continue obligatoire pour les journalistes, à l’image de ce qui se fait en Suède, afin qu’ils restent à jour sur l’environnement national, international et les politiques publiques :

 

« On ne peut pas se contenter de distribuer des cartes de presse. Il faut former en permanence ceux qui informent le pays. »

 

Enfin, il a évoqué la nécessité de mieux valoriser les contenus créés par les médias sénégalais face aux grandes plateformes numériques, appelant à une concertation nationale et à des projets communs pour protéger la production locale.

 

À travers cette intervention, Cheikhou Oumar Sy rappelle que le sort de la presse ne concerne pas seulement les journalistes, mais l’ensemble de la société sénégalaise, et qu’un dialogue apaisé et constructif entre tous les acteurs reste la clé pour bâtir une démocratie solide et durable à l’horizon 2050.

 

Seydou Diallo

À propos de l’auteur de l’article

La Rédaction