L’affaire Softcare, qui a secoué le secteur pharmaceutique sénégalais, a connu de nouveaux développements judiciaires au début de l’année 2026. Ce dossier, initialement perçu comme un scandale sanitaire lié à l’utilisation de matières périmées, s’est transformé en un véritable bras de fer judiciaire impliquant à la fois l’entreprise Softcare, l’Agence sénégalaise de Régulation Pharmaceutique (ARP) et son inspecteur, Dr Moussa Diallo.
Saisine du Parquet et de l’OFNAC
Le dossier a été officiellement porté devant la justice sénégalaise. Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), soutenu par des travailleurs de l’ARP, a saisi le procureur de la République ainsi que l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). L’objectif est de demander une enquête indépendante et approfondie sur des faits graves, incluant l’utilisation de matières périmées, des pressions internes et de possibles tentatives de corruption.
Cette saisine transforme l’affaire en procédure judiciaire ouverte, impliquant des investigations formelles et dépassant le cadre d’un simple conflit administratif interne à l’ARP.
Enquête en cours, sans décision judiciaire finale
À ce stade, aucune condamnation ni mise en examen publique n’a encore été prononcée. La justice est en phase d’instruction, recueillant les éléments, entendant les témoins et analysant les documents techniques fournis par l’ARP.
Le procureur et l’OFNAC doivent déterminer si les accusations portées contre Softcare et ses responsables justifient l’ouverture de poursuites pénales. Les points clés à examiner concernent l’usage de matières périmées, la gestion contradictoire des inspections et les allégations de pressions ou tentatives de corruption.
Contestations et pressions externes
L’affaire a également attiré l’attention de la société civile et de la classe politique. Des figures comme l’activiste Guy Marius Sagna ont dénoncé le manque de transparence et la lenteur de l’enquête. Parallèlement, syndicats et experts appellent à des clarifications pour protéger la santé publique et assurer la régulation sanitaire dans le pays.
Contre-attaque juridique de Softcare
Dans une nouvelle tournure, Softcare a décidé de saisir ses avocats pour engager des poursuites contre Dr Moussa Diallo. L’entreprise accuse l’inspecteur de diffamation et de préjudice à son image, ajoutant un second volet judiciaire à l’affaire. Cette action marque le début d’un bras de fer légal distinct de l’enquête initiale menée par la justice et l’OFNAC.
Ce que cela signifie
L’affaire est désormais doublement judiciaire : d’une part, une enquête ouverte contre Softcare et ses responsables par le Parquet et l’OFNAC ; d’autre part, une procédure civile ou pénale initiée par Softcare contre Dr Moussa Diallo.
L’évolution du dossier dépendra de l’enquête de l’OFNAC et du Parquet, des preuves fournies par les différentes parties, et des décisions de justice concernant ces poursuites croisées.
Seydou DIALLO


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