Le 26 septembre 2002 n’est pas une date ordinaire. Elle est tatouée dans la mémoire collective du Sénégal. Ce soir-là, au large des côtes gambiennes, le ferry Le Joola sombrait, engloutissant plus de 1 800 vies. Vingt-trois ans plus tard, la douleur est intacte. Mais une question dérangeante persiste : avons-nous réellement appris quelque chose de cette tragédie ?
Chaque année, la nation se recueille, dépose des fleurs, multiplie les discours. Mais au-delà de l’émotion et des cérémonies, le Joola reste le miroir de nos propres dérives. Ce naufrage n’était pas un accident imprévisible : il était le fruit d’une surcharge tolérée, d’une négligence institutionnalisée, d’une indiscipline banalisée.
Et que voyons-nous aujourd’hui ? Les mêmes travers. Sur nos routes où les accidents se multiplient, dans nos administrations où règne l’à-peu-près, dans nos chantiers où la sécurité passe au second plan. Le drame du Joola ne fut pas seulement maritime : il est devenu le symbole d’un système où la rigueur cède trop souvent la place au laxisme.
Honorer la mémoire des victimes ne devrait pas se limiter à des gerbes de fleurs posées au pied d’un monument. C’est surtout un engagement moral et collectif : mettre fin à la négligence, à l’irresponsabilité, à l’indifférence face aux règles.
Car oublier les leçons du passé, c’est ouvrir la porte aux tragédies de demain.
Vingt-trois ans après, il ne suffit plus de pleurer. Il faut changer.
Seydou Diallo


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