Mercredi dernier, le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, accompagné de ses homologues de Mauritanie, de Sierra Leone, de Guinée-Bissau et du Gabon, a été reçu à la Maison Blanche par Donald Trump. Derrière les images officielles d’une rencontre diplomatique, se cache pourtant, selon plusieurs observateurs, un message symbolique lourd de sens et peu flatteur pour les invités africains.
Sur les clichés diffusés par la communication de Trump, l’ancien président américain apparaît, assis au centre d’un côté de la longue table rectangulaire, entouré de ses collaborateurs. De l’autre côté, serrés, les dirigeants africains semblent relégués à un rôle passif de spectateurs. La scène se poursuit dans le Bureau ovale, où Trump, toujours installé dans son fauteuil, reçoit ses hôtes restés debout autour de lui.
Pour Dr Demba Guèye, enseignant-chercheur en analyse du discours politique, il ne s’agit pas d’un simple détail de protocole. « Le service de communication de Donald Trump a fait exprès de mettre en place une mise en scène, une disposition qui infériorise, qui met les invités sur une position inférieure par rapport au Président des USA », explique-t-il dans L’Observateur. À ses yeux, cette posture révèle la perception condescendante que l’ancien président américain cultive à l’égard de ses homologues africains.
Dr Guèye poursuit, image forte à l’appui : « C’était comme un professeur devant ses élèves : Donald Trump haut perché et les autres en bas. Ça en dit long sur le regard que les USA portent sur ses invités. » Selon lui, cette mise en scène illustre la vision réductrice et hiérarchique que Trump entretient vis-à-vis des pays africains, une vision qu’il n’a jamais cherché à dissimuler au cours de sa carrière politique.
Au-delà du simple protocole, ce choix scénographique rappelle, de manière subtile mais éloquente, les rapports de force inégalitaires qui persistent sur la scène internationale. Même en pleine ère de renouveau démocratique au Sénégal, avec un président jeune et porteur d’espoir, l’image projetée reste celle d’une Afrique reléguée au second plan, face à une puissance américaine campée dans sa posture de donneuse de leçons.
Cette rencontre, loin d’être seulement diplomatique, devient ainsi révélatrice d’un regard encore trop souvent paternaliste porté sur le continent africain. Un rappel, aussi, que l’image dans la communication politique n’est jamais neutre, et que chaque mise en scène raconte, à sa manière, l’histoire d’un déséquilibre historique qui peine à disparaître.
Seydouy Diallo


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